
EN PASSANT PAR
MADAME LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ

. . . le plus charmant des symboles. Symbole de la fidélité et de l'ingéniosité d'une part et de l'adresse et de l'esprit féminin d'autre part.
Il est convenu, depuis des temps lointains, en parlant de la broderie sur canevas de la nommer tapisserie à l'aiguille. La tapisserie au
Petit Point, dit aussi point de saint Cyr, était traditionnellement le passe-temps favori des Dames de la Grande
et Petite Noblesse de l'ancien régime et de la Bourgeoisie du XIXem siècle qui savaient exprimer avec les fils de laines, de soie et mâme des fils de métaux précieux comme l'or
et l'argent, et, le dessin de leur canevas toutes les nuances de leurs âmes. Aujourd'hui, le "Petit Point"
est de nouveau très en vogue: sa facilité d'exécution, la diversité des points, son utilisation et la variété de ses usages dans les décors de style classiques
et traditionnels ou de la vie moderne expliquent sans doute son succès. Peut être d'ailleurs faut-il voir aussi dans la gràce qui accompagne nécessairement le geste de tirer la laine une
bonne part de l'attrait qu'exerce de nos jours encore la tapisserie.
Parmi les plus célèbres et les plus éclectiques, citons au XVIIIem siècle : Jean Pillement qui fut à la fois acquarelliste, paysagiste et graveur français et
dont on peut admirer les oeuvres dans la plupart des musées des grandes villes françaises, ainsi que Jean-Baptiste 0udry peintre et graveur Français, qui assura la direction de la manufacture de
Beauvais et dans le même temps la surinspection des Gobelins.
Les artistes du XXem siècle apportent également leur talent à l'art de la tapisserie. Les deux les plus célèbres sont
Jean Lurçat & Jean Picart le Doux.
Cartonnier, Jean Lurçat fut d'abord un peintre influencé par Cézanne. On lui doit, en tant que cartonnier, "le Soleil de minuit", "l'Eau et le feu"
exposés au musée des Arts décoratifs et surtout "Le Chant du Monde", un ensemble unique de dix tentures exposés aujourd'hui au musée Lurçat dans l'ancien
hôpital Saint Jean à Angers.
Si Lurçat fut d'abord un peintre, comme beaucoup de cartonniers, Picart le Doux fut d'abord un relieur et un graveur. C'est sa rencontre avec Lurçat qui le fit s'intéresser
à partir de 1940 à la tapisserie. On lui doit "l'Homme et la pensée", exposée à la faculté des lettres de Caen.
Ils ont formé l'un et l'autre de nombreux élèves et disciples. Parmi eux on peut citer Jean-Claude Duprez, à qui nous devons la tapisserie "Coq et Musique"
(éditée par DMC®). (*)